« Saint Joseph ne ressemble pas aux grands de la terre, qui souvent refusent ce qu’on sollicite, ou n’en accordent qu’une partie.

Généreux et d’une admirable magnificence, jamais il ne rejette une prière, et toujours il accorde plus qu’on ne lui demande. Il connaît mieux nos intérêts que nous-mêmes.

Si ce que nous désirons obtenir par son entremise doit nous détourner de la voie de la perfection, il a trop de sagesse et nous porte trop d’intérêt pour se rendre à nos vœux. Alors il agit à notre égard comme un riche vertueux à l’égard d’un pauvre qui, mourant de faim et presque nu, demande du poison ; au lieu de poison, le riche lui donne du pain et des vêtements.

Si donc il vous arrive de l’invoquer et de ne pas être exaucé au gré de vos désirs, ne vous en attristez point ; que la foi vienne à votre secours et vous persuade que saint Joseph vous exauce de la manière la plus utile à vos intérêts véritables.

« O combien nous serons heureux, dit saint François de Sales, si nous pouvons mériter d’avoir part en ses saintes intercessions ! Car rien ne le sera refusé, ni de Notre-Dame, ni de son Fils glorieux ; il nous obtiendra, si nous avons confiance en lui, un saint accroissement en toutes sortes de vertus, mais si spécialement en celles qu’il avait au plus haut degré que toutes les autres, qui sont la très sainte pureté de corps et d’esprit, la très aimable vertu d’humilité, la constance, vaillance et persévérance, vertus qui nous rendront glorieux, en cette vie, de nos ennemis, et qui nous feront la grâce d’aller jouir, en la vie éternelle, des récompenses qui sont préparées à ceux qui mettront l’exemple que saint Joseph leur a donné. »

Heureuse donc l’âme qui l’honore fidèlement ! Heureuses les familles et les communautés religieuses qui se consacrent à lui, mettent son image dans une place distinguée, et invoquent chaque jour ce saint Patriarche ! L’Égypte prospéra, tant que le fils de Jacob y fut en honneur. Ainsi le nouveau Joseph attire des bénédictions du ciel sur ceux qui l’entourent de leurs hommages.

Qu’il occupe donc, après Jésus et Marie, la première place dans vos cœurs et soit, selon le conseil du célèbre Gerson, le premier de vos patrons le plus intime de vos amis le plus puissant de vos protecteurs. »

R.P. Berthuys : « Dévotion au glorieux saint Joseph », 1893