
900e COMMENTAIRE
L’Église est éclipsée ? Attends. Elle vivra.
Car l’Église se trouve où se trouve la Foi.
Alors que nous approchons de la fin de l’année 2024 paraît le 900e numéro de ces Commentaires, publiés de manière hebdomadaire depuis 2007. Au milieu de la confusion dans l’Église et l’État qui s’aggrave d’année en année, célébrons cette occasion par une nouvelle tentative de démolir l’erreur du modernisme. Cette erreur a fait tant de mal aux âmes, depuis les années 1960 surtout, et spécialement lors du désastreux Concile Vatican II, au cours duquel elle a réussi à tromper tant de clercs catholiques haut placés.
Au sein de l’Église catholique, le modernisme est l’erreur qui consiste à vouloir aligner l’Église sur le monde moderne au lieu d’aligner le monde moderne sur l’Église. Avant de monter au ciel, à la fin de Son ministère personnel sur terre au cours duquel Il eut fondé son Église catholique pour qu’elle fût la continuation de Son Incarnation parmi les hommes, Notre Seigneur Jésus-Christ donna — ce furent Ses dernières paroles à Ses apôtres — des instructions extrêmement importantes : « Tout pouvoir M’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Et voici que Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation des siècles. » (Mt 28, 18–20).
« Tout le pouvoir au ciel et sur la terre » appartient aux trois personnes du Dieu tout-puissant, mais il a également été confié par le Père au Fils dans sa nature humaine. Jésus a donc une autorité divine pour dire aux apôtres ce qu’ils doivent faire. Il leur dit : « enseignez toutes les nations. » Enseignez, et non dialoguez ; « toutes les nations », y compris Israël et l’Arabie Saoudite, et pas seulement certaines nations ; et « les nations », pas seulement les sacristies, donc les politiques doivent servir l’Église avec leur influence considérable, afin d’aider à sauver les âmes. Et après avoir été enseignées des vérités du salut, les âmes doivent recevoir les sacrements surnaturels de ce salut, en plus d’« observer tout ce que Je vous ai prescrit » : en d’autres termes, elles doivent obéir aux commandements de Jésus, et non pas seulement consentir à Ses suggestions. Et si ce programme leur semble intimidant, elles ont l’assurance que si elles respectent Ses commandements, elles auront toujours Son soutien et Sa présence auprès d’eux, même en 2024. Mais ces âmes doivent faire ce qu’Il dit, et c’est ce que l’Église a toujours dit et fait, et c’est la Tradition catholique.
Un simple coup d’œil à ces dernières lignes de l’Évangile de saint Matthieu suffit à nous montrer à quel point Notre Seigneur a bien conçu et construit son Église catholique. Que s’est-il passé alors ? Pendant trois des sept âges de l’Église, ceux des Apôtres, des Martyrs et des Docteurs, l’Église a prospéré, posant les fondations des quelque mille ans du quatrième âge, le Moyen Âge, qui s’étend de la fin du monde antique au début du monde moderne, d’environ 500 à 1517, date à laquelle on dit que Luther a cloué ses 95 thèses sur la porte de l’église de Wittenberg. Quoi qu’il en soit, c’est bien Luther le principal responsable du lancement du protestantisme, qui a engendré une série de révolutions fondatrices du monde moderne : naturalisme, rationalisme, LIBÉRALISME ; œcuménisme, communisme, MODERNISME, et une foule d’autres ‘ismes’, qui cherchent tous à recoller ce que Luther avait brisé, à savoir la pleine intégrité de l’homme donnée par Dieu à l’Église catholique. Mais ils n’y sont pas parvenus, faute de revenir à la véritable Église, celle de la Tradition catholique.
Le néo-modernisme de Vatican II, tel que le présente lumineusement le père Calderón dans son admirable livre Prométhée (https ://www.clovis-diffusion.com/promethee-la-religion-de-l-homme-c2x41035800), n’est que le dernier d’une longue série de sous-protestantismes, surclassant l’homme aux dépens de Dieu. L’habile excuse était que tous les humanismes précédents n’avaient abouti qu’à deux guerres mondiales, mais que l’Église catholique elle-même allait maintenant créer un nouvel humanisme qui mettrait l’homme en valeur sans dégrader Dieu. Vaine illusion ! Au nom de la ‘dignité humaine’, les commandements de Jésus ont dû se transformer en consentements des hommes. Ce n’est plus Dieu qui commande. Alors, de quel Dieu s’agit-il ? Des millions et des millions de catholiques ont perdu la foi en Lui. Pourtant, Sa véritable Église vit toujours, dans les quelques âmes qui gardent la vraie Foi.
Kyrie eleison.
Mgr Richard Williamson