La cloche sonne

 

 

Invariablement chaque matin, été comme hiver, depuis la sacristie, une cloche tinte doucement, annonçant un événement magistral : « Le Maître est là et il t’appelle. » (Jn 11, 28)

Le prêtre a depuis longtemps déjà commencé sa journée, il s’est agenouillé pour réciter les Heures canoniales puis il a allumé les bougies qui entourent la croix de l’Autel, ces cierges qui symbolisent les Séraphins Michel et Gabriel (lu dans les œuvres de Mgr de Ségur). Le prêtre ne sera pas seul pour les saints Mystères : les anges adorent la sainte Trinité, descendant du Ciel sur la terre et se prosternant invisiblement lors de la Consécration.

Le prêtre se revêt des vêtements liturgiques, depuis l’amict jusqu’à la chasuble. C’est l’Heure : celle du Sacrifice rédempteur. La cloche sonne pour avertir que les fidèles doivent se lever au passage du prêtre qui n’est plus lui-même, mais Jésus-Christ car il va agir en nom et place du Rédempteur. « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang. »

Les rubriques de notre sainte Liturgie traditionnelle précisent : « Lorsque le prêtre est prêt, il s’avance à l’autel. » La liturgie réformée de 1969 dit ceci : « Le peuple étant rassemblé, le prêtre s’avance à l’autel. »

Grâce à Dieu, les prêtres auxquels font appel nos fidèles célèbrent le rite multiséculaire, canonisé par le pape saint Pie V. S’ils avaient le malheur de célébrer la nouvelle messe, la cloche de la sacristie ne tinterait pas souvent, et fort heureusement, soit dit.

Mais pourquoi donc ?

Parce que « le peuple n’est pas rassemblé… »

La cloche sonne… même en semaine.

A bon entendeur… (cf. Mt 11, 15), pour le plus grand profit des âmes qui liront ces quelques mots.

Abbé Dominique Rousseau
2 août 2026