Le Vatican excommunie les évêques

https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2026-07/consecrations-episcopales-lefebvristes-excommunication-decretee.html 

La sentence est tombée ce 2 juillet, l’excommunication a été portée contre les évêques consécrateurs et les prêtres consacrés évêques à Ecône.

La sentence va même plus loin, elle s’étend aux prêtres et aux fidèles :

« À cet égard, dorénavant :
1. Les ministres sacrés appartenant à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X sont en schisme et doivent donc être considérés comme schismatiques (cf. Ecclesia Dei, 5 c ; Conseil pontifical pour les textes législatifs, Note explicative sur l’excommunication pour schisme encourue par les adhérents au mouvement de Mgr Marcel Lefebvre, 24 août 1996, 5-6), et sont donc soumis à l’excommunication prévue par le droit (can. 1364 § 1).
2. En ce qui concerne les fidèles laïcs, doivent être considérés comme schismatiques et excommuniés ceux qui adhèrent formellement à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X dans les conditions fixées par la Note explicative du Conseil pontifical pour les textes législatifs de 1996(cf. ibid., 7), toujours en vigueur, que ce dicastère fait sienne.
3. Enfin, le saint Peuple de Dieu est averti que les ministres sacrés de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X administrent illicitement les sacrements et que le sacrement de pénitence qu’ils administrent ainsi que le mariage qu’ils célèbrent sont invalides.
L’Église, telle une mère attentionnée, accueillera avec une affection sincère et une vive sollicitude tous ceux qui souhaitent revenir à la pleine communion. Les nonces apostoliques mettront en place les procédures que les Ordinaires pourront utiliser selon les différents cas.
Enfin, tous les fidèles sont exhortés à demeurer fermement en communion avec le Souverain Pontife, avec les évêques en communion avec lui et avec toute l’Église (cf. Lumen Gentium, 22; can. 751 du Code de droit canonique), et à s’abstenir de participer aux célébrations et aux activités organisées par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X susmentionnée. »

 

Les conséquences

Il faut donc comprendre que toutes les facultés accordées (confessions, mariages) cessent. La Fraternité Saint-Pie X revient par voie de conséquence à des années en arrière, avant tous les « paliers » voulus conjointement par elle et par Rome en 2014.

Nous souhaitons que les Autorités de la Fraternité retrouvent une ligne doctrinale claire et stricte, qui fut la sienne jusqu’en 2012 : « pas d’accord pratique sans accord doctrinal ». En 2012 ce principe fut édulcoré, ce qui l’amena à chasser de son sein Mgr Williamson, sacré en 1988.

 

L’homélie des sacres et une application à Mgr Williamson

Le Supérieur général, dans son homélie de ce 1er juillet (il est étonnant que ce soit lui qui ait pris la parole pour des sacres, mais ce n’est pas le lieu d’en parler), a donné des conseils aux futurs évêques. Les voici :

« (…) Et quel conseil peut-on vous donner ?
C’est tellement délicat, tellement important, tellement grand, votre mission, ce que vous allez faire, que je préfère laisser la parole à Notre-Seigneur lui-même en citant l’Évangile.
Quel conseil est-ce qu’il vous donne, Notre-Seigneur, aujourd’hui ? Quel conseil donnait Notre-Seigneur aux Apôtres quand il les envoyait prêcher ?
« Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. »
L’agneau : très belle image de Notre-Seigneur, très belle image de l’évêque.
Cela signifie que vous devez prêcher d’abord par l’innocence de votre vie, c’est l’innocence, la pureté de votre vie, de vos mœurs, qui va donner une autorité morale à tout ce que vous allez prêcher.
Être agneau signifie aussi, et surtout, la docilité parfaite, la soumission parfaite à la volonté de Dieu. De même que Notre-Seigneur est constamment soumis à la volonté de son Père, de même, vous, à un titre encore supérieur, plus grand à partir d’aujourd’hui, vous devez toujours chercher sa volonté.

Mais n’oubliez pas une chose : Notre-Seigneur, qui est l’Agneau de Dieu, est aussi le Lion de Juda.
Comment peut-on être agneau et lion ?
C’est que Notre-Seigneur, autant il est docile à la volonté du Père, autant il ne se plie jamais devant l’esprit du monde. Devant servir le Père parfaitement, nécessairement il se heurte contre l’esprit du monde, contre l’esprit du prince de ce monde.
Et de même l’évêque : autant il est docile à la volonté de Dieu, autant il revendique constamment devant le monde les droits de Notre-Seigneur, et non pas les droits de l’homme.
Et un lion ne fuit jamais, un lion ne recule pas et surtout, un lion ne se plie pas. Ne vous pliez jamais devant cet esprit du monde, ne bougez pas, ne reculez pas, le sacre va vous donner une force irrésistible.
Dès aujourd’hui, dans le monde entier, il y a des gens qui vous observent, vous écoutent. Dans trente, quarante ans, ils devront pouvoir dire :
« Ils ne se sont pas pliés. Ils n’ont pas plié les genoux devant cet esprit du monde. Ils ont plié les genoux seulement devant Notre-Seigneur Roi. »
Voilà la plus belle chose qu’on pourra dire de vous à votre mort, le plus beau souvenir que vous puissiez laisser.

Et Notre-Seigneur vous donne un autre conseil :
« Soyez simples comme des colombes et prudents comme des serpents. »
Pourquoi faut-il être comme des serpents ? Pourquoi un évêque doit-il être comme un serpent ?
Cela, c’est pour discerner, saisir, capter la duplicité, l’ambiguïté, la ruse qui sont dans le monde et chez les ennemis de la Croix. Vos pires ennemis ne vont pas vous attaquer frontalement, ils vont essayer de vous faire glisser graduellement dans une perception un peu plus à la page de la foi, de la vie chrétienne, des relations avec le monde, il faut le savoir.
Quand vous sentez ce danger, prenez du recul, priez, observez, prenez conseil, évaluez, restez immobiles avant de réagir, comme un serpent. Quand vous réagirez, quand le Saint-Esprit vous donnera la lumière nécessaire pour agir, faites-le et ne revenez jamais en arrière.
Voilà ce que signifie être comme un serpent : saisir la duplicité, l’ambiguïté, la ruse qui sont dans le monde, et parler, prêcher comme des colombes : simplement, sans duplicité et sans crainte, sans équivoque, sans ambiguïté. La duplicité que vous devez discerner chez les autres ne doit jamais être la vôtre.

Et que dit encore Jésus ? Que dit Notre-Seigneur ?
« Le frère livrera son frère, le père son enfant, et vous serez haïs de tous à cause de moi, à cause de mon nom. Ne craignez pas tout cela, car il n’y a rien de caché qui ne sera découvert, rien de secret qui ne sera connu. »
Ne craignez pas tout cela, nous dit Notre-Seigneur. Laissez-moi faire, laissez-moi juger, l’interviendrai moi-même quand il le faudra.
Il a un seul souci. Lequel ?
« Tout homme qui me reconnaîtra devant les hommes, je le reconnaîtrai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux. »
Tout homme qui reconnaîtra mes droits, ma divinité, mon Église, ma foi.
« Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre, mais le glaive. »
Ce sont les paroles de Notre-Seigneur qu’il vous adresse à vous en particulier.
Dans quelques instants, lorsque l’évêque consécrateur vous donnera la crosse, Notre-Seigneur vous donnera un glaive : son glaive, le glaive de l’Évangile, le glaive de la foi. C’est par la foi, et seulement par la foi, qu’on peut vaincre le monde, et le monde est déjà vaincu par la foi.
Ce glaive, à partir d’aujourd’hui, vous appartient à un titre spécial, et Dieu va vous donner une force spéciale pour le manier, pour l’utiliser à temps et à contretemps.
« L’homme aura pour ennemis les gens de sa propre maison. »
On ne peut pas être compris par tout le monde, on ne peut pas être d’accord avec tout le monde.
Est-ce que c’est une tragédie, cela ? Est-ce que c’est quelque chose d’incompréhensible ? Non. C’est la loi de l’Évangile, c’est la loi de la Croix.
Voilà les conseils que Notre-Seigneur, à travers l’Évangile, vous donne à vous aujourd’hui. »

Comment, à travers ces conseils, ne pas reconnaître (mais le prédicateur ne l’a pas dit), la figure de Mgr Richard Williamson ?

Évêque dont la vie sacerdotale et surtout épiscopale brilla par l’éclat du lion : « un lion ne fuit jamais, un lion ne recule pas et surtout, un lion ne se plie pas. Ne vous pliez jamais devant cet esprit du monde, ne bougez pas, ne reculez pas, le sacre va vous donner une force irrésistible. »

Nous souhaitons et prions que les nouveaux évêques se souviennent de cet évêque britannique, prudent comme le serpent (par les sacres de six évêques en ce temps d’apostasie) et fort comme un lion.

Puisse la Fraternité reconnaître que la parole forte, l’action courageuse de Mgr Williamson fut un bien pour toute l’Eglise, et pas seulement pour une partie ridicule et méprisable (en tout cas méprisée) qu’est la Fidélité catholique, petite mais forte par sa Foi.

Nous souhaitons enfin que la Fraternité Saint-Pie X, comme en 1988 après sa première excommunication, publie devant Rome un document similaire à celui qu’elle fit au lendemain des sacres, « opération – survie » de la Tradition, dont nous mettons ici le texte :

Lettre ouverte des supérieurs de la FSSPX au cardinal Gantin,
Préfet de la Congrégation des Évêques, du 6 juillet 1988

Écône, 6 juillet 1988
Éminence,

Réunis autour de leur Supérieur général, les Supérieurs des districts, séminaires et maisons autonomes de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, pensent bon de vous exprimer respectueusement les réflexions suivantes.
Vous avez cru devoir, par votre lettre du 1e juillet passé, faire savoir à Son Excellence Monseigneur Marcel Lefebvre, à Son Excellence Monseigneur Antonio de Castro Mayer et aux quatre évêques qu’ils ont consacrés le 30 juin dernier à Écône, leur excommunication latæ sententiæ. Veuillez vous-mêmes juger de la valeur d’une telle déclaration venant d’une autorité qui, dans son exercice, rompt avec celle de tous ses prédécesseurs jusqu’au pape Pie XII, dans le culte, l’enseignement et le gouvernement de l’Église.

Pour nous, nous sommes en pleine communion avec tous les papes et tous les évêques qui ont précédé le Concile Vatican II, célébrant exactement la messe qu’ils ont codifiée et célébrée, enseignant le catéchisme qu’ils ont composé, nous dressant contre les erreurs qu’ils ont maintes fois condamnées dans leurs encycliques et leurs lettres pastorales. Veuillez donc juger de quel côté se trouve la rupture. Nous sommes extrêmement peinés de l’aveuglement d’esprit et de l’endurcissement de cœur des autorités romaines.
En revanche, nous n’avons jamais voulu appartenir à ce système qui se qualifie lui-même d’Église Conciliaire, et se définit par le Novus Ordo Missæ, l’œcuménisme indifférentiste et la laïcisation de toute la Société. Oui, nous n’avons aucune part, nullam partem habemus, avec le panthéon des religions d’Assise ; notre propre excommunication par un décret de votre Éminence ou d’un autre dicastère n’en serait que la preuve irréfutable. Nous ne demandons pas mieux que d’être déclarés ex communione de l’esprit adultère qui souffle dans l’Église depuis vingt-cinq ans, exclus de la communion impie avec les infidèles. Nous croyons au seul Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec le Père et le Saint-Esprit, et nous serons toujours fidèles à Son unique Épouse, l’Église Une, Sainte, Catholique, Apostolique et Romaine.

Être donc associés publiquement à la sanction qui frappe les six évêques catholiques, défenseurs de la foi dans son intégrité et son intégralité, serait pour nous une marque d’honneur et un signe d’orthodoxie devant les fidèles. Ceux-ci ont en effet, un droit strict à savoir que les prêtres auxquels ils s’adressent ne sont pas de la communion d’une contrefaçon d’Église, évolutive, pentecôtiste, et syncrétiste. Unis à ces fidèles, nous faisons nôtres les paroles du prophète (1 Rois, vii, 3) : Preparate corda vestra Domino et servite Illi Soli : et liberabit vos de manibus inimicorum vestrorum. Convertimini ad Eum in toto corde vestro, et auferte deos alienos de medio vestri.« Attachez fermement votre cœur au Seigneur et servez-le Lui Seul : et Il vous délivrera des mains de vos ennemis. C’est de tout Notre cœur que vous devez revenir à Dieu ; ôtez du milieu de vous les dieux étrangers »
Confiants dans la protection de Celle qui a terrassé toutes les hérésies dans le monde entier, nous vous prions d’agréer, Éminence, l’assurance de notre dévouement à Celui qui est l’unique voie de salut.

A Ecône, le 6 juillet 1988

Suivent les signatures du Supérieur général, de tous les Supérieurs de districts de séminaires et maisons autonomes de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X dans le monde entier :
• M. l’abbé Franz Schmidberger, supérieur général,
• MM. les abbés Paul Aulagnier, supérieur du district de France,
• Franz-Joseph Maessen, supérieur du district d’Allemagne,
• Edward Black, supérieur du district de Grande-Bretagne,
• Anthony Esposito, supérieur du district d’Italie,
• François Laisney, supérieur du district des États-Unis,
• Jacques Emily, supérieur du district du Canada,
• Jean-Michel Faure, supérieur du district du Mexique,
• Gérard Hogan, supérieur du district d’Australie et Nouvelle-Zélande,
• Alain Lorans, directeur du séminaire d’Écône,
• Jean-Paul André, directeur du séminaire de Flavigny,
• Paul Natterer, supérieur du séminaire de Zaitzkofen,
• Andrés Morello, supérieur du séminaire de La Reja,
• William Welsh, directeur du séminaire de la Sainte-Croix en Australie,
• Michel Simoulin, recteur de l’institut Saint-Pie X à Paris,
• Patrice Laroche, sous-directeur du séminaire d’Écône,
• Philippe François, supérieur de la maison autonome de Belgique et du Luxembourg,
• Roland de Mérode, supérieur de la maison autonome des Pays-Bas,
• Georg Pfluger, supérieur de la maison autonome d’Autriche,
• Guillaume Devillers, supérieur de la maison autonome d’Espagne,
• Philippe Pazat, supérieur de la maison autonome du Portugal,
• Daniel Couture, supérieur de la maison autonome d’Irlande,
• Patrick Groche, supérieur de la maison autonome du Gabon,
• Franck Peek, supérieur de la maison autonome d’Afrique australe.
Extrait de Fideliter N° 64 de juillet-août 1988, pages 11 et 12

 

Ainsi que le prêchait à temps et à contretemps Mgr Williamson, prions les quinze mystères du Rosaire, pour que la Fraternité revienne sur des bases solides, qu’elle abandonne ses vues de réconciliation avec la Rome néo-moderniste, conciliaire.

 

« Il est impératif pour tout prêtre qui souhaite demeurer catholique de se séparer de la Rome conciliaire jusqu’à ce qu’elle soit revenue au magistère traditionnel de l’Église et la foi catholique. » (Mgr Marcel Lefebvre, « Itinéraire spirituel », 1990)

Abbé Dominique Rousseau
2 juillet 2026