Des amis ont eu l’heureuse initiative de publier les « Commentaires Eleison » de Mgr Williamson. Après un premier tome paru en mai, voici le second, en octobre dernier. C’est une mine d’enseignements pour les temps dans lesquels nous vivons.

« Defunctus adhuc loquitur » : l’Évêque qui a rendu son âme à Dieu le 29 janvier 2025 en la fête de saint François de Sales poursuit ainsi sa tâche d’enseignement. Toute sa vie durant il n’eut qu’un souci : transmettre. D’abord et même avant sa conversion de l’anglicanisme, il enseigna, à Londres et en Afrique, la littérature et, fin connaisseur de la musique, il se fit critique, notamment des œuvres de Beethoven, qu’il jouait aussi bien qu’il les démontait, en les décortiquant, mettant le doigt sur les failles du compositeur, génial sans doute mais révolutionnaire.

Bref, l’œuvre de l’Évêque britannique ne se limite pas à la poésie, loin de là, bien qu’il connût les grands auteurs de son pays, sans oublier les grecs, les latins, les allemands et les français, tous et chacun bien sûr dans les textes originaux, je veux dire dans leur langue propre.

Il fut Évêque et c’est là le centre et le sommet : pour prêcher la Foi, la transmettre par oral et par écrit, à temps et à contre-temps. Il mit ses talents de professeur, avec l’esprit de synthèse qu’on lui connaît (cf. les schémas sur les encycliques), dans ces fameux (famous = renommés) « Kyrie eleison » hebdomadaires.

C’est une somme d’informations et, plus encore, de formation des intelligences qu’il distillait en cinq langues, aux quatre coins du monde. Politique, musique, éducation, finances, crise dans l’Église… En deux pages à chaque fois et chaque semaine durant de nombreuses années, il traite de cela et de bien d’autres choses, remontant toujours aux principes. La conclusion tombe comme un point d’orgue après une fugue sans fausse note, à chaque numéro.

Dès le début il vit les « manœuvres romaines » pour empoisonner la Fraternité fondée par Mgr Lefebvre. « Pour tuer son chien, on dit qu’il a la rage. » Ce qui fut fait à l’automne 2012 où il fut exclu de sa Société. Le Prélat n’en continua pas moins, depuis Broadstairs (GB), son enseignement, avec courage et persévérance, se rendant partout où son épiscopat était sollicité. Jusqu’à la fin il se dépensa sans compter et, quand on lui demandait comment il allait, il répondait invariablement : « Mieux que je ne le mérite ! » Au-delà de l’humour, l’humilité répondait.

Il ne nous a pas laissés orphelins puisque six évêques sont à la tâche, à travers le monde. Prions pour eux.

Deo gratias pour le don de cet Évêque et de son enseignement !

Éditorial du Scutum fidei n° 26 (janvier – mars 2026)